
Le Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master (CESPM) a pour missions de veiller au bon fonctionnement de l’accès des étudiants au premier et au deuxième cycle d’études supérieures via les plateformes nationales Parcoursup et Mon Master. Il remet, chaque année, un rapport et pour ce dernier rapport, il a fait un zoom sur l’accès à l’enseignement supérieur dans notre région, la Nouvelle-Aquitaine, après avoir fait un zoom, les années précédentes, sur l’accès à l’enseignement supérieur en Bretagne, dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans les Hauts-de-France.
La région Nouvelle-Aquitaine, le rectorat et les universités de Bordeaux, Poitiers, La Rochelle, Pau et pays de l’Adour et l’IUT du Limousin ont été auditionnés dans ce cadre ainsi que les équipes de huit lycées sélectionnés sur la base de deux critères : la présence d’une filière STMG et l’éloignement aux grands pôles universitaires.
➡️ Quel est le diagnostic de ce rapport sur notre région ?
Pour rappel, la Nouvelle Aquitaine est la plus grande des régions de France en termes de superficie et la 3ème région la plus rurale de France après la Bourgogne-Franche-Comté et la Bretagne. La moitié de sa population réside dans des communes rurales dont un tiers dans de l’habitat dispersé ou très dispersé.
✅ Tout d’abord, deux constats :
·       Une faible ségrégation sociale entre les lycées : 70% des lycées ont un Indice de position sociale (IPS) moyen comparable à 50% des lycées français. En comparaison, en Ile de France, seulement 31% des lycées se trouvent dans ce cas.
·       Une forte concentration géographique des formations : 70 % des places disponibles via Parcoursup sont concentrées dans cinq pôles (Bordeaux-Talence-Pessac, La Rochelle, Limoges, Pau et Poitiers) qui couvrent quasiment toutes les filières. 18 % des places sont proposées dans 14 villes moyennes avec une offre post-bac moins dense et moins diversifiée. Les 12% des formations restantes sont réparties dans 101 sites essentiellement dédiés aux BTS et répartis sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine.
✅ Les principaux résultats :
·       La distance des candidats aux établissements d’enseignement supérieur influence fortement :
o  leurs choix : les candidats qui sont « éloignés » des formations (plus de 40 km) s’autocensurent dans la formulation de leurs vœux et font par exemple moins souvent des vœux en CPGE.
o  leurs admissions : quelle que soit leur mention, les bacheliers sont plus souvent admis en CPGE, licences sélectives, écoles ou PASS s’ils sont « proches » (moins de 10 kms) que s’ils sont « éloignés » d’un pôle majeur de formation.
o  voire leurs renoncements lorsqu’ils obtiennent une réponse favorable. Si la distance joue un rôle certain dans leur décision, d’autres critères entrent en ligne de compte : la présence croissante de formations privées hors contrat, notamment à Bordeaux, qui peut attirer des jeunes en quête de réponses rapides ; un intérêt insuffisant pour les études longues ; un découragement lié aux obstacles matériels et économiques.
·       Les néo-bacheliers (généraux, technologiques, professionnels) issus de Nouvelle-Aquitaine sont plus souvent admis aux formations de leurs choix que ceux d’Ile-De-France ou de PACA mais moins souvent que ceux de Bretagne, région comparable socialement et géographiquement pour ceux issus des filières technologiques et professionnelles. La différence entre la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne provient notamment d’un plus grand nombre de jeunes quittant la plateforme malgré une proposition de formation.
·       Les "points de charge" accordés en fonction de la distance (1 point à partir de 30 km jusqu’à 249 km, 2 au-delà , etc.) pour l’attribution des logements CROUS sont jugés inadaptés pour la région Nouvelle-Aquitaine. Leur poids est en effet trop faible pour réellement compenser l’éloignement. Ainsi, un candidat résidant à Marmande, soit à 240 km de Bordeaux, légèrement au-dessus du seuil de revenu, peut être moins bien placé qu’un candidat de Bordeaux pour obtenir un logement étudiant à Bordeaux, bien qu’il soit obligé de déménager.
·       L’aide à la mobilité étudiante de 500 € pour les boursiers, qui souhaitent s’inscrire via Parcoursup dans une formation hors de leur académie, s’appuie sur les frontières administratives et pas sur les distances réelles. Un candidat résidant à Bressuire (académie de Poitiers) en bénéficiera s’il souhaite s’inscrire dans un BUT à Cholet (académie de Nantes, à 36 km de Bressuire) mais pas s’il veut s’inscrire dans une licence à Poitiers (à 72 km).
Si l’attachement au territoire ou des freins culturels peuvent influer les choix, la distance aux formations joue aussi un rôle parfois décisif :
·       Contrainte des transports : les TER existent mais les trajets peuvent être longs et peu fréquents pour rejoindre un pôle majeur ou intermédiaire d’enseignement supérieur.
·       Contrainte du logement : l’agglomération bordelaise, celles de La Rochelle et de Bayonne offrent 45% des places sur Parcoursup mais les logements disponibles pour les étudiants y sont rares et chers, notamment à cause de la concurrence du tourisme. Même si le CROUS de Bordeaux a des projets d’augmentation du nombre de logements étudiants, il reste à trouver du foncier disponible !
➡️ Les recommandations du Comité en lien avec les résultats mis en évidence en Nouvelle-Aquitaine :
·       « Recommandation 7 : définir des critères spécifiques à l’attribution des logements étudiants prenant mieux en compte les distances, tout en continuant à les réserver aux boursiers et à tenir compte des revenus. Expérimenter l’attribution des logements étudiants par la procédure de Parcoursup, comme pour les internats de CPGE, pour d’autres types de formations dans des régions à population rurale importante.
·       Recommandation 8 : dans tous les lycées qui offrent à la fois des CPGE et des BTS, partager les internats et intégrer les demandes dans les vœux de Parcoursup pour les BTS à égalité de traitement avec les CPGE. Pour les lycées qui n’offrent que des BTS, réunir tous les partenaires locaux pour estimer les besoins et recenser les solutions. »
Indépendamment de ces recommandations, il est à noter que la région Nouvelle-Aquitaine s’implique sur l’orientation des jeunes et sur l’analyse et le développement territorial à travers un partenariat fructueux entre la région, les services du rectorat, les lycées et les établissements de l’enseignement supérieurs.
Si vous souhaitez en savoir plus, le rapport complet est disponible ici

