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La réforme de l'enseignement professionnel

La réforme du lycée professionnel commence à s’appliquer à la rentrée scolaire 2023 et sera progressivement déployée jusqu’à la rentrée scolaire 2026. Elle a 3 objectifs : lutter contre le décrochage scolaire, faciliter l’insertion professionnelle et valoriser l’engagement des enseignants.

Avant de décrire les 12 mesures composant cette réforme, revenons sur la situation actuelle.

La situation actuelle

Le lycéen professionnel :

  • Peut effectuer jusqu’à 5 mois de stage sans gratification
  • Ne peut pas choisir à partir de la seconde des options en fonction de ses goûts et motivations, à la différence du lycéen en voie générale et technologique
  • A un parcours identique, quel que soit son projet (entrée sur le marché du travail, poursuite d’études)
  • Ne connaît souvent pas bien les entreprises et les perspectives d’évolution d’autant qu’il n’a pas de réseau professionnel sur lequel s’appuyer pour trouver des stages de qualité adaptés à sa formation
  • N’a pas, en début de seconde professionnelle, pour 40% d’entre eux, une maîtrise satisfaisante des domaines évalués en français et pour 70% d’entre eux pour les mathématiques
  • Ne termine pas son parcours et se retrouve sans solution, pour 25% d’entre eux

Le bachelier professionnel :

  • Un sur deux, qui ne poursuit pas ses études, ne trouve pas d’emploi dans l’année qui suit l’obtention de son diplôme. Cette proportion monte même à ¾ pour les élèves titulaires d’un CAP.
  • Un sur deux qui poursuit en BTS ne réussit pas à obtenir son diplôme en deux ans.

Les formations en lycée professionnel :

  • Certaines n’offrent pas de perspectives d’emplois ou de poursuites d’études alors que des métiers sont en tension
  • Le nombre de mentions complémentaires (qui permettent d'ajouter une spécialisation à une qualification de base, afin d'améliorer l'adaptation à l'emploi) se limite à seulement une trentaine alors qu’il y a des besoins de spécialisation

Le personnel du lycée professionnel :

  • Le professeur en lycée professionnel est souvent seul face à une classe d’élèves aux niveaux scolaires hétérogènes et ayant plus de difficultés qu’ailleurs. Il doit enseigner mais aussi accompagner des élèves fragiles (handicap, difficultés familiales et sociales…) et des élèves qui souhaitent poursuivre des études.
  • Près de 30% des postes d’enseignement à pourvoir dans les lycées professionnels ne le sont pas. Les lycées professionnels sont eux aussi confrontés à une crise d’attractivité du métier d’enseignants
  • La formation des professeurs en lycée professionnel porte sur l’insertion professionnelle des élèves, l’interdisciplinarité, l’égalité filles-garçons… et est éloignée des besoins des entreprises et des jeunes
  • Les chefs d’établissement nouvellement nommés dans les lycées professionnels connaissent peu ou mal l’enseignement professionnel qui a de nombreuses spécificités : intensité des partenariats avec le monde économique, diversité de la voie professionnelle…

Enfin, les entreprises ne sont pas toujours suffisamment accompagnées pour accueillir des jeunes, souvent mineurs, en formation.

Les 12 mesures de la réforme du lycée professionnel

Mesure 1 : gratifier les périodes de stages des élèves de la voie professionnelle

Les élèves bénéficieront désormais pendant leurs périodes de stages en entreprise d’une gratification attribuée par l’Etat. Le montant de l’allocation s’élèvera de 50 à 100 € par semaine selon le niveau de formation de l’élève (CAP, bac pro, mention complémentaire…). Le versement dépendra cependant de leur présence dans l’entreprise et en cours au lycée professionnel.

Mesure 2 : permettre des enseignements aux savoirs fondamentaux en classes réduites

Pour corriger les fragilités des élèves révélées par les tests de positionnement effectués à l’entrée au lycée, les heures de français et de mathématiques se feront en classes réduites en seconde professionnelle. En Première et Terminale, les élèves bénéficieront de davantage d’heures de français et de mathématiques.

Mesure 3 : permettre aux élèves de choisir des options

Une option pourra être proposée comme, par exemple, des cours de langue, de codage, d’entrepreneuriat… en mobilisant des partenaires extérieurs et des professeurs volontaires. Elle sera considérée comme une activité périscolaire qui peut révéler au jeune l’existence d’autres possibles.

Mesure 4 : organiser l'année de terminale en lien avec le projet de l'élève : obtenir un diplôme puis accéder à l'emploi, ou bien, poursuivre ses études.

Pour soutenir et accompagner chaque élève dans ses projets professionnels, l’année de Terminale bac pro sera transformée. Ainsi chaque élève :

  • passera certaines épreuves plus tôt dans l’année scolaire
  • bénéficiera d’un accompagnement personnalisé pour mieux comprendre le marché du travail et les attentes des entreprises
  • choisira le parcours qui lui convient le mieux pour la suite de l’obtention de son diplôme :
    • S’il envisage de travailler directement après son bac, il fera un stage pendant 12 semaines en Terminale au lieu de 6.
    • S’il souhaite poursuivre des études, il suivra 4 semaines de cours intensifs d’enseignements généraux et professionnels pour lui permettre d’accéder dans de bonnes conditions à l’enseignement supérieur

Mesure 5 : créer trois nouveaux dispositifs pour prévenir les risques de décrochage pendant et après le lycée : Tous droits ouverts ; Ambition emploi ; Parcours de consolidation.

Trois dispositifs seront proposés :

  • Tous droits ouverts : un lycéen en risque de décrochage scolaire sera accompagné temporairement par des structures d’accompagnement, d’insertion et de formation, extérieures au lycée et qui se trouvent à proximité de son lieu de vie, tout en conservant pendant quelques mois son statut d’élève et la possibilité de retour dans son lycée. Ainsi, il pourra décider d’intégrer l’une de ces structures ou de retourner dans son lycée.
  • Ambition emploi : un jeune sortant de la formation, avec ou sans son bac, sans solution bénéficiera de différents dispositifs d’accompagnement, pour l’aider à trouver sa voie : stages professionnels ou d’immersion dans des classes de Terminale, aide à la recherche d’emplois ou de contrats d’alternance, rencontres avec des recruteurs, formation courte d’un an en apprentissage…Il conservera son statut d’élève du lycée pendant 4 mois maximum. Le jeune qui demeurerait sans solution se verrait proposer un contrat d’engagement jeune.
  • Parcours de consolidation : un élève en grande difficulté en 1ère année de BTS aura un parcours de consolidation de ses connaissances pour augmenter ses chances d’obtenir son BTS.

Mesure 6 : mieux préparer l’insertion professionnelle grâce à des partenariats extérieurs

Chaque élève en dernière année de lycée professionnel (CAP et baccalauréat professionnel) qui souhaite trouver un emploi après son diplôme pourra être accompagné par les conseillers spécialisés de France Travail (Pôle Emploi) et ses partenaires : recherches d’emplois, valorisation de ses compétences, compréhension des attentes des employeurs.

Par ailleurs, le lycéen pourra par l’intermédiaire du bureau des entreprises (mesure 9), entrer dans des dispositifs de mentorat et être accompagné par un adulte dans son parcours, par l’intermédiaire d’associations dédiées à l’accompagnement des jeunes.

Mesure 7 : adapter l’offre de formation pour préparer l’avenir professionnel des jeunes en fixant des objectifs ambitieux : rénover en profondeur un quart des diplômes existants d’ici la rentrée scolaire 2025 ; démultiplier le nombre annuel d’ouvertures et de fermetures de formation.

La carte des formations va être complètement revue. Des formations vont être rénovées pour mieux s’adapter à la transformation des métiers. Les formations qui n’aboutissent pas à des emplois vont être fermées et de nouveaux diplômes vont être créés pour tenir compte des nouveaux métiers émergents : transition écologique, défi numérique, grand âge…

Mesure 8 : passer de 4 500 à 20 000 le nombre de places en formation de spécialisation en Bac + 1 à la rentrée 2026, afin de faciliter l’insertion professionnelle des lycéens.

Il y aura au moins une spécialité de niveau Bac+1 par bac professionnel, ce qui implique la création de nouvelles mentions complémentaires ou spécialisations professionnelles. Elles ouvriront en fonction des besoins des entreprises du territoire du lycée professionnel.

Mesure 9 : créer un bureau des entreprises dans chaque lycée

Dès la rentrée 2023, 2 100 bureaux des entreprises seront créés dans chaque lycée professionnel. Ils seront composés d’enseignants et/ou d’acteurs du monde du travail.

Les missions du bureau seront les suivantes :

  • mise en place et suivi des partenariats avec les acteurs du territoire ;
  • organisation des temps de stage et d’alternance ;
  • intégration de la relation école/entreprise dans le parcours de formation des jeunes ;
  • participation à la préparation des évolutions de l’offre de formation.

Mesure 10 : permettre aux professeurs volontaires d’exercer de nouvelles missions rémunérées pour favoriser la réussite et un meilleur accompagnement des élèves.

A partir de la rentrée, les professeurs volontaires pourront exercer de nouvelles missions en soutenant mieux les élèves et en développant les liens de l’établissement avec son tissu économique.

Ils pourront prétendre à une revalorisation salariale en lien avec ces missions, en plus de la revalorisation salariale de tous les professeurs qui enseignent dans la voie professionnelle.

En complément de la revalorisation de tous les professeurs à la rentrée 2023, chaque professeur en lycée professionnel pourra prétendre à une valorisation salariale pouvant atteindre 7 500 € bruts par an, avec des missions adaptées au déploiement de la réforme des lycées professionnels.

Mesure 11 : accompagner une prise de fonction réussie des nouveaux chefs d’établissement de lycée professionnel.

A partir de la rentrée scolaire 2023, ils auront une formation spécifique et adaptée.

Mesure 12 : permettre une nouvelle approche pédagogique du lycée professionnel autour du projet de l’élève.

L’approche pédagogique sera profondément renouvelée pour permettre aux enseignants de :

  • répondre à des nouveaux besoins liés à l’évolution de la carte des formations
  • se former en entreprise ou dans un campus des métiers et des qualifications, au moins tous les trois ans, dans le cas des professeurs d’un domaine professionnel
  • avoir une « trousse de compétences sociales et comportementales » à transmettre aux élèves : savoir créer, innover, résoudre des problèmes inédits, décider en situation collective…

Pour toutes questions sur la réforme du lycée professionnel, vous pouvez me contacter au 06 08 18 21 28

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Coaching à partir de la 3ème jusqu’à l’entrée dans la vie professionnelle.

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